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© 2016 Kim Goyon Graphisme

Travailler à mon compte

July 14, 2018

J'ai mis du temps avant de le dire et de me faire à l'idée. J'ai mis du temps aussi à accepter mon rythme décalé par rapport à celui de mon chéri ou de mes proches. Mais aujourd'hui, je peux enfin le dire : je suis artisan, je suis à mon compte et j'adore travailler à mon rythme. J'espère vraiment pouvoir rester ainsi quelques années car je ne pensais pas que cela serait un tel bonheur.

 

 

Je n'avais jamais pensé travailler pour moi. Et pourtant, mon père est entrepreneur, tous ses frères et soeurs également, et mon grand-père avait lui-même monté son entreprise. Mais je crois que pour le coup, j'ai plutôt hérité du caractère de ma mère. Elle m'a toujours dit qu'il fallait être autonome financièrement, ne jamais dépendre de personne. Elle m'a dit qu'il fallait mettre de côté et investir pour l'avenir dès que possible. Donc quand tu recherches la sécurité, forcément tu te tournes vers des choix "rassurants". J'ai donc fait des études pour trouver rapidement un emploi, un CDI, et je n'ai jamais envisagé autre chose que de travailler dans une grande entreprise.  

 

En fait si, la seule chose que j'avais envisagé, c'était de devenir actrice. J'ai fait beaucoup de théâtre et j'adore ça. Et c'est devenu une passion si forte que j'aurais adoré en faire mon métier. Mais là encore, je n'ai rien initié dans ce sens car l'idée du manque de sécurité dans ce métier ne m'a pas rassurée, et j'ai vite eu peur d'une vie de "bohème" où l'on est jamais chez soi et où l'on ne voit que très peu ses proches. 

 

Donc j'ai commencé à travailler très vite, en jobs étudiant d'abord et puis dans un travail à temps plein à la sortie de mes études. J'ai en effet gouté à la sécurité de l'emploi, quelques temps. J'ai adoré travailler et apprendre de mes collègues, me lier d'amitié avec

certaines. J'ai même rencontré mon mari dans mon boulot ! Et puis j'ai adoré apprendre, progresser, me fixer des challenges, parfois les relever, parfois échouer. J'ai aimé être inspirée par mes différentes chefs, des femmes fortes, affirmées et carriéristes. J'ai aimé être reconnue dans mon travail, rencontrer des personnes importantes, comprendre les enjeux stratégiques d'une entreprise, découvrir les "coulisses" en quelques sortes. J'ai adoré diversifier les sujets sur lesquels je travaillais. J'ai adoré me surpasser, donner le meilleur de moi-même. J'ai aimé m'attacher à une entreprise, la voir évoluer. 

 

Et puis quelques moi après la signature de mon premier contrat de travail, on m'a demandé de travailler sur un nouveau sujet avec mes collègues et ma chef : un PSE (en d'autres termes un plan social). Pas glop du tout, surtout si tôt après mes débuts dans l'entreprise.  J'ai vu tous les "coulisses" d'un plan social. Mais je me suis dit que cela faisait partie du métier, alors j'ai pris cela comme un nouveau challenge, temporaire. Sauf qu'il est arrivé ce qui arrive souvent aux entreprises qui ont des difficultés : elles ont du mal à s'en remettre. On a donc remis le couvert un an plus tard... puis encore un an plus tard, et cette fois-ci j'étais dedans ! Avec du recul, je pense que faire partie d'un plan social après seulement 3 ans dans une entreprise, avec un début de carrière prometteur, a été l'une des plus grandes désillusions que j'ai connues dans ma vie. Moi qui m'étais donné à fond, qui avait donné toue ma confiance et mon énergie à cette entreprise, j'ai encaissé. J'ai rebondi, j'ai retrouvé un travail très vite, puis encore un autre, mais partout la même rengaine revenait. C'est la crise et l'entreprise va mal. On me disait : votre rôle de RH c'est d'accompagner l'entreprise dans ce passage difficile... Oui mais non ! J'en ai eu assez d'accompagner des dirigeants et des actionnaires qui ne faisaient des choix qu'en fonction de l'argent. Moi qui voulais travailler dans l'humain, je ne voulais plus participer à cela. 

 

A force de ne plus croire au monde de l'entreprise, j'ai bien été obligée d'imaginer un autre modèle. Une amie est devenue créatrice d'accessoires textiles à ce moment-là, et cela m'a ouvert une porte dans ma tête. L'idée de travailler avec mes mains, chez moi, en respectant mes valeurs m'a énormément séduite. J'en ai beaucoup rêvé avant d'oser me lancer, quelques mois plus tard. Et comme je suis entière, j'ai plaqué mon boulot de RH car je voulais me lancer à fond dans cette nouvelle aventure, faire les choses bien. Et après avoir épousé mon chéri, c'est le 2e meilleur choix que j'ai fait pour moi. Je ne pensais pas autant m'épanouir dans ce nouveau mode de vie. J'aime le fait de respecter mes valeurs, j'aime pouvoir travailler selon mon rythme. J'aime voir éclore mes idées et leur donner naissance. J'aime prendre toutes les décisions. J'aime faire des rencontres magiques ! J'aime travailler en musique, avec une bougie parfumée, dans mon atelier décoré à ma guise. 

 

C'est loin d'être évident tous les jours. Porter une entreprise sur ses épaules, peu importe sa taille, demande énormément de ressources, d'énergie et de remise en question. C'est un vrai travail sur soi ! Il ne faut jamais se reposer sur ses lauriers, toujours avancer, trouver sans cesse de nouvelles idées. Et surtout, il faut montrer et rappeler aux autres qu'on existe, qu'on est là ! Communiquer, tout le temps ! Car ce qu'on fait peut être très beau, si personne ne sait que vous existez, cela ne sert à rien, en tous cas pour en vivre ! Mais de toutes les difficultés que l'on peut rencontrer dans le monde du travail, pour l'instant j'accepte bien celles-ci. Cela me procure tellement de bonheur en contre partie. 

 

Pour celles qui ont suivi mes stories sur Instagram cette semaine, j'ai évoqué un livre qui parle d'un pêcheur qui vit simplement de sa pêche. Il vit modestement, pêche quelques heures pas jour, suffisamment pour faire manger sa famille. Et le reste du temps, il se balade avec sa femme sur la plage, joue avec ses enfants. Ma vie se résume très bien ainsi. Je fais des bijoux, une quantité suffisante pour pouvoir en vivre modestement. Je pourrais travailler encore plus, pour gagner plus d'argent mais alors je ne pourrais plus profiter de la vie comme je peux le faire aujourd'hui. Pendant mes 7 ans de carrière dans les RH, j'ai beaucoup travaillé, je ne comptais pas les heures, et il est vrai que je gagnais beaucoup mieux ma vie qu'aujourd'hui. Mais je courrais, tout le temps (et encore je n'ai pas d'enfants !). Je courrais le matin, je courrais le soir pour aller faire les courses ou retrouver des amis. Les week-end étaient complets. Je n'arrivais jamais à trouver du temps pour cuisiner (d'ailleurs à l'époque je pensais que je n'aimais pas ça), pour me faire les ongles ou prendre soin de moi. Je loupais souvent mes séances de sport. J'avais le sentiment de passer à côté de l'essentiel. 

 

Aujourd'hui, je gagne beaucoup moins bien ma vie, mais cela m'a appris à dépenser autrement. Je fais un métier que j'aime et qui me laisse du temps pour vivre à côté et j'ai enfin l'impression de pouvoir profiter de l'essentiel. Je suis présente pour mon chéri, je peux être disponible quand ma famille ou mes amis ont besoin de moi. J'ai le temps de cuisiner et j'ai appris à aimer cuisiner ! J'ai le temps de faire mon sport le matin. J'ai le temps de prendre soin de moi. J'ai le temps de profiter de mes neveux. Tout cela n'a pas de prix !

 

J'en profite alors pour vous remercier d'être là ! Merci de me suivre, merci pour vos coeurs, vos j'aime, vos commentaires qui me touchent beaucoup... Merci pour vos commandes, vos compliments, qui me montrent que cette vie est possible ! Une slow life !

 

Je termine cet article par une citation bien connue de Confucius :

"Choisis un métier qui te plait, et tu n'auras pas à travailler un seul jour de ta vie."

 

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